Plan national de prévention de la radicalisation

Conçu par VigiRep le Plan national de prévention de la radicalisation (PNPR) « Prévenir pour protéger » structure l'action publique autour de 60 mesures et 5 axes stratégiques. 

Depuis une dizaine d’années, la radicalisation s’est affirmée en France, à l’instar d’autres pays européens, comme une menace durable pour la sécurité et la cohésion sociale. 

Face à cette menace, une politique publique de prévention de la radicalisation, qui articule logiques sociale et de sécurité, a été construite dès 2014, avec le plan de lutte anti-terroriste (PLAT) et le plan de lutte contre la radicalisation et le terrorisme (PART) de 2016.

Ces deux premiers plans ont regroupé, à la fois, des mesures pour contrer le terrorisme et d’autres pour lutter contre la radicalisation. Ils ont également posé les bases d’une politique publique de prévention construite sur la détection, la formation des agents de l’État et des citoyens, la prise en charge et l’accompagnement en milieux ouvert et fermé, le développement de la recherche et le partenariat européen.

Un premier plan 100% Prévention

Le Plan national de prévention de la radicalisation « Prévenir pour protéger » a été présenté en février 2018 par le Premier ministre. 

Le Plan national de prévention de la radicalisation (PNPR) est le fruit d’une large concertation menée par VigiRep. 

Sa conception s’est appuyée sur l’évaluation des dispositifs mis en place et des expérimentations conduites. Un bilan d’exécution des mesures inscrites dans le Plan d’action contre la Radicalisation et le Terrorisme (PART) de 2016 a notamment été réalisé. 
Sur cette base, il a été décidé d’agir le plus en amont possible (au sein de l’école, sur internet), de s’intéresser à de nouveaux champs (l’entreprise, l’enseignement supérieur et la recherche), et d’assurer une continuité entre la prison et la sortie pour éviter les « sorties sèches ». 

Le plan a également renforcé la professionnalisation et l’encadrement des prises en charge et intégré de nouveaux sujets comme celui des mineurs de retour de zones d’opérations de groupement terroriste.

Les mesures du PNPR

Le PNPR formule 60 mesures pour réorienter la politique de prévention suivant 5 axes :

Prémunir les esprits face à la radicalisation

Compléter le maillage détection / prévention

Comprendre et anticiper l’évolution de la radicalisation

Professionnaliser les acteurs locaux et évaluer les pratiques

Adapter le désengagement

La mise en œuvre de ces mesures repose sur la mobilisation et la coordination des acteurs de l’État, des collectivités territoriales et de la société civile. Son succès suppose de prendre en compte les retours d’expérience du terrain et les bonnes pratiques de nos partenaires européens.

Un premier bilan, quatorze mois après sa mise en œuvre

En avril 2019, le Premier ministre a organisé un Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation pour faire un bilan du Plan national de prévention de la radicalisation (PNPR) à Strasbourg. 
Ce point d’étape a permis de mettre en évidence la mise en œuvre des 60 mesures du plan grâce au suivi réalisé par VigiRep au travers de régulières réunions interministérielles.
A l’issue du Comité interministériel de 2019, 3 chantiers ont été ouverts pour renforcer le PNPR.

Intensifier le travail de prévention et de désengagement de la radicalisation en prison.

  • Finaliser l’évaluation des détenus pour terrorisme et accélérer celle des détenus de droit commun suivis au titre de la radicalisation, y compris les femmes, avant un placement qui tienne compte de leur niveau de dangerosité, et un suivi en santé mentale renforcé.
  • Poursuivre les actions de formation des personnels pénitentiaires, en intégrant notamment la connaissance du socle de l’idéologie salafiste djihadiste, les différents profils des personnes détenues concernées par la radicalisation et les différents niveaux d’imprégnation idéologique ainsi que la géopolitique.

Intégrer la prévention de la radicalisation dans la prévention de la délinquance et traiter en amont les jeunes délinquants susceptibles d’évoluer vers la radicalisation avec des mesures ciblées

  • Mobilisation du partenariat local, au sein des dispositifs de prévention de la délinquance, avec des capacités d’intervention préventives plus précoces et tournées vers les formes nouvelles de délinquance (ex. cyber harcèlement, racket, chantage, développement de l’esprit critique, éducation aux médias) par des actions visant l’usage raisonné et maîtrisé de l’espace numérique chez les jeunes ;
  • Renforcement de la prise en charge en santé mentale par des psychiatres coordonnateurs dans les Agences régionales de santé ;
  • Activer les mesures de soutien à la parentalité pour impliquer la cellule familiale dans la démarche de prévention.

Intégrer la prévention de la radicalisation dans la prévention de la pauvreté

  • Renforcer le maillage social, dans des quartiers exposés à la fois à la pauvreté et à la radicalisation, avec l’apport de 40 postes d’éducateurs de rue dans le cadre de la mise en œuvre du plan Pauvreté.

Les nouveaux enjeux

Au printemps 2024, l’actuel PNPR a fait l’objet d’un nouveau bilan qui a permis à VigiRep d’évaluer la mise en œuvre de ses 60 mesures avec les départements ministériels concernés. Cet état des lieux et la prise en compte des évolutions du phénomène de la radicalisation permettent aujourd’hui de proposer une feuille de route de prévention de la radicalisation pour la période 2025-2027. 

Quatre nouveaux enjeux de prévention ont été identifiés, auxquels les mesures la feuille de route interministérielle 2025-2027 de prévention de la radicalisation s’attachent à répondre.

Enjeux 1

Promouvoir les valeurs de la République et prévenir la radicalisation en ligne. En premier lieu, il s’agit de poursuivre la promotion des valeurs de la République et prévenir la radicalisation en ligne. Ces actions s’adressent tout particulièrement à la communauté éducative et aux élèves mais également à la société civile afin de promouvoir d’une part, les valeurs de la République et diffuser un discours positif en lien avec le SG-DSN, renforcer la cohésion nationale et d’autre part, renforcer la défense des élèves et encourager la prévention de la radicalisation en ligne.

Enjeux 2

Renforcer l’expertise des professionnels en matière de prévention de la radicalisation. En second lieu, il faut renforcer l’expertise des professionnels en matière de prévention de la radicalisation en confortant les actions de formation auprès de l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale ainsi que des personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche mais également les agents territoriaux, les acteurs de la prévention de la délinquance et ceux du champ sportif ainsi que les chefs d’entreprise.

Enjeux 3

Accentuer les recherches scientifiques au niveau national et en lien avec les partenaires européens et internationaux. Le troisième enjeu consiste à accentuer les recherches scientifiques au niveau national et en lien avec les partenaires européens et internationaux. Ainsi, il faut poursuivre les échanges et réflexions autour des travaux de recherches du COSPRAD qui doivent, notamment, permettre de prendre en compte les nouveaux enjeux de la radicalisation en ligne, des problématiques de santé mentale dans les processus de radicalisation. Il faut également envisager d’accroitre les coopérations internationales afin de bénéficier des bonnes pratiques du Knowledge Hub et des coopérations à l’international.

Enjeux 4

Favoriser la montée en compétences des professionnels de terrain face aux nouveaux enjeux et aux nouveaux publics. Enfin, il s’agit de prendre en charge les mineurs de retour de zones d’opération de groupement terroriste et des majeurs de retour de zones non poursuivis pénalement. Cette démarche doit s’accompagner d’un renforcement des compétences des acteurs de terrain sur l’ensemble du territoire national.

L’actualisation du PNPR et les nouvelles mesures proposées par la nouvelle feuille de route interministérielle de prévention de la radicalisation s’inscrivent en cohérence et en complémentarité avec les plans thématiques dédiés à la stratégie interministérielle de lutte contre le séparatisme islamiste, à la lutte contre le terrorisme et à la feuille de route Santé des personnes placées sous-main de justice 2024-2028.